jeudi 27 août 2009

Eau

Marina Rubino
Arsénico (2008)


"La mort de l'eau est plus songeuse que la mort de la terre: la peine de l'eau est infinie".
Gaston Bachelard

"La muerte del agua es más pensativa que la muerte de la tierra: la pena del agua es infinita".


mardi 25 août 2009

Le corps

Dino Bruzzone
Shaila I (2006)
120 x 158 cm C-Print
www.dinobruzzone.com

"Le corps est l'extension de l'âme jusqu'aux extrémités du monde et jusqu'aux confins du soi, l'un dans l'autre intriqués et indistinctement distincts étendue tendue à se rompre."
Jean-Luc Nancy, Jean-Luc, L’extension de l’âme dans Le Portique
http://leportique.revues.org/index905.html

"El cuerpo es la extensión del alma hasta las extremidades del mundo y hasta los confines del sí, el uno en el otro intrincados e indistintamente distintos, extensión tensa hasta romperse.”
Nancy, Jean-Luc, Extensión del alma, México, La Cebra, 2007, p. 51

samedi 15 août 2009

Ici


Peter Halley
Forever (2009)
Acrylic, Day-Glo acrylic and Roll-a-Tex on canvas
203.2 x 139.7 cm

"J'avais peur. Le seul lieu avec lequel je sentais encore un lien, si ténu soit-il, c'était ici.  Je sentais que je faisais partie d'ici. Je ne savais pas où était cet "ici". Mais fondamentalement, voilà ce que je ressentais: je faisais partie d'ici."
Haruki Murakami, Danse, danse, danse, Paris, Seuil, 1995,  p.129

"Tenía miedo. El único lugar al cual me sentía aún ligado, por más ténue que fuera, era aquí. Sentía que formaba parte de aquí. No sabía dónde estaba ese "aquí". Pero fundamentalmente, eso era lo que sentía: que era parte de aquí."

vendredi 14 août 2009

L'imprimé

Josef Albers
Homage to the square (1964)
Oil on composition board - 122.2 x 122.2 cm

"L'art vise à imprimer en nous des sentiments plutôt qu'à les exprimer."
Henri Bergson

["El arte apunta a imprimir sentimientos en nosotros más que a explicarlos."]

jeudi 13 août 2009

Nature

"Le dialogue avec la nature reste pour l'artiste une condition sine qua non. L'artiste est homme; il est lui-même nature, morceau de la nature dans l'aire de la nature."
Paul Klee

Daniel Kiblisky
Palmar (2007)
Photo sur papier - 50 x 75 cm

["El diálogo con la naturaleza es para el artista una condición sine qua non. El artista es hombre; él mismo es naturaleza, un pedazo de naturaleza en la superficie de la naturaleza."]

mercredi 12 août 2009

La (non)communication II

 

Nathalie Baye - Sergi López 
Frédéric Fonteyne, Une liaison pornographique (1999)

-vous...
-quoi, moi?
-vous... ça va?
-j'ai l'air malade?


-y vos...
-¿yo qué?
-vos... ¿todo bien?
-¿tengo cara de enfermo?

dimanche 9 août 2009

Interpellations II





SALIDA DE EMERGENCIA - SORTIE DE SECOURS 
Oficina Proyectista
Juan-Miguel Dothas
5 al 28 de agosto de 2009


mardi 4 août 2009

Interpellations

Juan-Miguel Dothas

Interpelaciones

Oficina Proyectista

Perú 82, 6º, Of. 82,

Buenos Aires, Argentina.

(Du 5 jusqu'au 28 août)


"Ante la ley hay un guardián. Un campesino se presenta frente a este guardián, y solicita que le permita entrar en la Ley. Pero el guardián contesta que por ahora no puede dejarlo entrar. El hombre reflexiona y pregunta si más tarde lo dejarán entrar.

-Tal vez -dice el centinela- pero no por ahora."

Si querés saber qué hizo el campesino podés seguir leyendo el cuento de Kafka:

http://www.ciudadseva.com/textos/cuentos/euro/kafka/antela.htm

Aquí sólo cuenta lo que vos decidas hacer.

 

 "Devant la loi se dresse le gardien de la porte. Un homme de la campagne se présente et demande à entrer dans la loi. Mais le gardien dit que pour l'instant il ne peut pas lui accorder l'entrée. L'homme réfléchit, puis demande s'il lui sera permis d'entrer plus tard.

C'est possible, dit le gardien, mais pas maintenant.”

Si tu veux savoir ce que l’homme de la campagne a fait, voici le conte de Kafka :

http://www.lyber-eclat.net/kafka.html

Ici ce qui compte c’est ce que tu décideras de faire.

vendredi 31 juillet 2009

Lumière et Langage

« Le monde est fait de surfaces superposées, archives ou strates. Aussi le monde est-il savoir. Mais les strates sont traversées d’une fissure centrale, qui répartit d’un côté les tableaux visuels, de l’autre côté les courbes sonores : l’énonçable et le visible sur chaque strate, les deux formes irréductibles du savoir, Lumière et Langage, deux vastes milieux d’extériorité où se déposent respectivement les visibilités et les énoncés. »
Gilles DELEUZE, Foucault, Paris, Minuit, 1986, p. 128-129.




 4 grids
François Morellet (1958)
Huile sur toile

["El mundo está hecho de superficies superpuestas, archivos o estratos. También el mundo es saber. Pero los estratos se encuentran atravesados por una fisura central que reparte de un lado los cuadros visuales y del otro las curvas sonoras: lo enunciable y lo visible de cada estrato, las dos formas irreductibles del saber, Luz y Lenguaje, dos vastos medios de exterioridad en los que se depositan respectivamente las visibilidades y los enunciados."]

mardi 28 juillet 2009

Le regard

Kristin Scott Thomas
Philippe Claudel, Il y a longtemps que je t'aime (2008)

"Je pense qu'il est important de réapprendre l'attente, la patience, et la pénétration du regard."
Philippe Claudel

Elsa Zylberstein
Philippe Claudel, Il y a longtemps que je t'aime (2008)

["Pienso que es importante reaprender la espera, la paciencia, la penetración de la mirada."]

dimanche 26 juillet 2009

Saint Philippe

Giorgio Agamben (Saint Philippe)

Pier Paolo Pasolini, Il vangelo secondo Matteo (1964) 

Les Grecs n’avaient pas un terme unique pour exprimer ce que nous entendons par le mot vie. Ils utilisaient deux termes sémantiquement et morphologiquement distincts : zoé, qui exprimait le simple fait de vivre commun à tous les vivants (animaux, hommes ou dieux), et bios, qui signifiait la forme ou’ la manière de vivre propre d’un être singulier ou d’un groupe. Avec les langues modernes, cette opposition disparaît graduellement du lexique (lorsqu’elle est conservée comme dans biologie et zoologie, elle n’indique plus aucune différence substantielle) et un seul terme - dont l’opacité croît proportionnellement à la sacralisation de son référent - désigne dans sa nudité le présupposé commun qu’il est toujours possible d’isoler dans chacune des innombrables formes de vie.

Avec le terme forme-de-vie nous entendons, au contraire, une vie qui ne peut jamais être séparée de sa forme, une vie dont il n’est jamais possible d’isoler quelque chose comme une vie nue.

Giorgio Agamben, “Forme de vie” dans Multitudes Web

[Los griegos no tenían un término único para expresar lo que entendemos por la palabra vida. Utilizaban dos términos semántica y morfológicamente distintos: zoé, que expresaba el simple hecho de vivir común a todos los seres vivientes (animales, hombres o dioses), y bios, que significaba la forma o la manera de vivir propia de un ser singular o de un grupo. Con las lenguas modernas, esta oposición desapareció gradualmente del léxico (pese a que se la conservó en casos como biología y zoología, aunque ya no marque ninguna diferencia substancial). Un único término –cuya opacidad crece proporcionalmente a la sacralización de su referente- designa en su desnudez el presupuesto común que es siempre posible aislar en cualquiera de las innombrables formas de vida.

Contrariamente, por el término forma de vida entendemos una vida que nunca puede ser separada de su forma, una vida en la cual nunca es posible aislar una cosa tal como una vida desnuda.] 

dimanche 19 juillet 2009

Où

"... je me réveille et me demande où je suis. Je me pose réellement cette question: "Où suis-je?" Question totalement inutile, car je connais la réponse depuis le début: je suis dans ma vie, voilà où je suis. Ma vie. Un appendice à ce sentiment d'existence réelle nommée "moi". "
Haruki Murakami, Danse, danse, danse, Paris, Seuil, 1995, p.7

Agnes Martin
Wood (1964)
Ink on paper - 27.7 x 27.7 cm

["... me despierto y me pregunto dónde estoy. Formulo realmente la pregunta: "¿Dónde estoy?" Pregunta absolutamente inútil, pues conozco la respuesta desde el principio: estoy en mi vida, es ahí donde estoy. Mi vida. Un apéndice de ese sentimiento de existencia real llamada "yo"."]

vendredi 17 juillet 2009

La solitude

Billie Holiday 

(Baltimore, 7 avril 1915 - New York, 17 juillet 1959)

In my solitude
You haunt me
With dreadful ease
Of days gone by

In my solitude
You taunt me
With memories
That never die

I sit in my chair
And filled with despair
There no one could be so sad
With gloom everywhere
I sit and I stare
I know that I'll soon go mad

In my solitude
I'm afraid
Dear lord above
Send back my love

Duke Ellington / Eddie Delange / Irving Mills

mercredi 8 juillet 2009

La (non)communication

"[Car] la communication est un acte, et, ce fait même, elle est surtout choix. À l'intérieur de l'univers signifiant à partir duquel elle opère, elle choisit chaque fois certaines significations et en exclut d'autres. La communication est donc l'exercice d'une certaine liberté, mais d'une liberté limitée. 
Les contraintes du discours sont de deux sortes. En prenant l'énoncé que l'on peut considérer comme l'acte de communication achevé, se suffisant à lui-même, on s'aperçoit que la liberté de sa formulation s'inscrit dans un réseau de contraintes apriorique. Il ne peut être conçu, en effet, que -comme le fait Hjelmslev- dans le cadr
e contraignant des catégories temporelles, aspectuelles, modales. [...]
D'un autre côté, le monde humain et "naturel" qui entoure le locuteur, et qui sert de cadre très général à l'intérieur duquel se réalisent les événements-messages, est relativement stable. La liberté de la communication est donc limitée par l'habitude, qui, sur le plan linguistique, s'exprime par la répétition. Aux situations données -et qui se répètent- correspondent des messages identiques ou comparables. En para
phrasant  la pensée de Lacan, on peut dire que deux sortes de folie guettent l'humanité: d'un côté, la schizophrénie, l'exaltation de la liberté totale dans la communication, et qui aboutit à la non-communication; de l'autre, la parole totalement socialisée, itérative, le "tu causes, tus causes, c'est tout ce que tu sais faire" de Queneau, et qui, elle aussi, est la négation de la communication, privée d'information."
Algirdas Julien Greimas, Sémantique structurale, Paris, PUF, 1986, p. 36 

Juan-Miguel Dothas
A n'en plus finir (2006)
Aquarelle sur papier - 16.6 x 11 cm

["[Pues] la comunicación es un acto, y por ello mismo es ante todo una elección. En el interior del universo significante a partir del cual ella opera, elige cada vez ciertas significaciones y excluye otras. La comunicación es, por lo tanto, el ejercicio de una cierta libertad, pero de una libertad limitada. 
Los avatares del discurso responden a dos órdenes. Al tomar al enunciado, al cual puede considerarse como el acto de la comunicación acabado, autosuficiente, se aprecia que la libertad de su formulación se inscribe en una red de avatares apriórica. En efecto, no puede ser concebido más que  -como lo hace Hjelmslev- dentro del marco problemático de las categorías temporales, aspectuales, modales. [...]
Por otra parte, el mundo humano y "natural" que rodea al locutor, y que sirve de marco muy general dentro del cual se realizan los hechos-mensajes, es relativamente estable. La libertad de la comunicación se encuentra entonces limitada por el hábito, el cual, sobre el plano lingüístico, se manifiesta a través de la repetición. A situtaciones dadas -y que se repiten- corresponden mensajes idénticos o comparables. Parafraseando el pensamiento de Lacan, puede decirse que dos clases de locura acechan a la humanidad: por un lado la esquizofrenia, la exaltación de la libertad total en la comunicación y que culmina en la no comunicación; por el otro la palabra totalmente socializada, iterativa, el "hablás, hablás, es todo lo que sabés hacer" de Queneau, y que, ella también, es la negación de la comunicación, privada de información."]

mardi 7 juillet 2009

Le dévoilement

"...un secreto develado pone en evidencia una verdad auténtica, lo que, a su vez, tiene consecuencias, edípicamente una tragedia o virtualmente un hallazgo anhelado y buscado. En el instante del develamiento el discurso cesa pero algo se desencadena en la revelación."
Noé Jitrik, Fantasmas semióticos: concentrados, México, FCE, 2007, p. 56

Tulio de Sagastizábal
Cruz del Sur Nº12 (2008)
Acrylique sur toile - 120 x 120 cm

["...un secret dévoilé met en évidence une vérité authentique, ce qui, à son tour, a des conséquences, œdipiennement une tragédie ou virtuellement une découverte aussi désirée que cherchée. L'instant du dévoilement le discours finit mais quelque chose se déclenche dans la révélation.]

dimanche 5 juillet 2009

Pina Bausch : A coffee with Pina - Un petit hommage

"Je ne m'intéresse pas à la façon dont les gens bougent, mais à ce qui les meut."
Pina Bausch

"No me interesa cómo se mueve la gente sino lo que las mueve".

lundi 29 juin 2009

L'inacceptable

"Le débat entre ceux qui affirment que l'univers a été crée par Dieu et ceux qui pensent qu'il est apparu tout seul concerne quelque chose qui dépasse notre entendement et notre expérience. Autrement réelle est la différence entre ceux qui doutent de l'être tel qu'il a été donné à l'homme (peu importe comment et par qui) et ceux qui y adhèrent sans réserve. 
Derrière toutes les croyances européennes, qu'elles soient religieuses ou politiques, il y a le premier chapitre de la Genèse, d'où il découle que le monde a été créé comme il fallait qu'il le fût, que l'être est bon et que c'est donc une bonne chose de procréer. Appelons cette croyance fondamentale accord catégorique avec l'être. 
Si, récemment encore, dans les livres, le mot merde était remplacé par de pointillés, ce n'était pas pour des raisons morales. On ne va tout de même pas prétendre que la merde est immorale! Le désaccord avec la merde est métaphysique. L'instant de la défécation est la preuve quotidienne du caractère inacceptable de la Création. De deux choses l'une: ou bien la merde est acceptable (alors ne vous enfermez pas à clé dans les waters!), ou bien la manière dont on nous a créés est inadmissible. 
Il s'ensuit que l'accord catégorique avec l'être a pour idéal esthétique un monde où la merde est niée et où chacun se comporte comme si elle n'existait pas. Cet idéal esthétique s'appelle le kitsch. 
C'est un mot allemand qui est apparu au milieu du XIXe siècle sentimental et que s'est ensuite répandu dans toutes les langues. Mais l'utilisation fréquente qui en est faite a gommé sa valeur métaphysique originelle, à savoir: le kitsch, par essence, est la négation absolue de la merde; au sens littéral comme au sens figuré: le kitsch exclut de son champ de vision tout ce que l'existence humaine a d'essentiellement inacceptable."

Milan Kundera, L'insoutenable légèrté de l'être, Paris, Gallimard, 1987, p. 356-357

Miguel Bosé 
Pedro Almodóvar - Tacones lejanos (1991)

[El debate entre los que afirman que el universo fue creado por Dios y aquellos que piensan que apareció por sí mismo, tiene que ver con algo que sobrepasa nuestro entendimiento y nuestra experiencia. Es también real la diferencia entre los que dudan del ser tal y como ha sido dado al hombre (poco importa cómo y por quién) y aquellos que adhieren a él sin reserva. 
Detrás de todas las creencias europeas, sean religiosas o políticas, existe el primer capítulo del Génesis, del cual resulta que el mundo fue creado como era necesario que fuera, que el ser es bueno y que, por lo tanto, la procreación es algo bueno. Llamemos a esta creencia fundamental acuerdo categórico con el ser. 
Si hasta hace poco aun, en los libros, la palabra mierda era reemplazada por una línea de puntos, no era por razones morales. ¡No vamos sin embargo a afirmar que la mierda es inmoral! El desacuerdo con la mierda es metafísico. El instante de la defecación es la pueba cotidiana del carácter inaceptable de la Creación. Una de dos: o bien la mierda es aceptable (¡entonces no se encierren con llave en el baño!), o bien el modo en el que fuimos creados es inadmisible. 
Consecuentemente el acuerdo categórico con el ser tiene como ideal estético un mundo en el que la mierda es negada y en el que todos se comportan como si ella no existiera. Ese ideal estético se llama kitsch. 
Es una palabra alemana que apareció a mediados del siglo XIX sentimental y que más tarde se extendió a todas las lenguas. Pero la utilización frecuente que se ha hecho de ella ha borrado su valor metafísico original, a saber: el kitsch por esencia es la negación absoluta de la mierda; tanto en el sentido literal como en el figurado: el kitsch excluye de su campo de visión todo aquello que la existencia humana tiene de esencialmente inaceptable.]

lundi 15 juin 2009

Des raisons II

"J'ai senti venir la mort dans le miroir, dans mon regard dans le miroir, bien avant qu'elle y ait vraiment pris position. Est-ce que je jetais déjà cette mort par mon regard dans les yeux des autres? Je ne l'ai pas avoué à tous. Jusque-là, jusqu'au livre, je ne l'avais pas avoué à tous. Comme Muzil, j'aurais aimé avoir la force, l'orgueil insensé, la générosité aussi, de ne l'avouer à personne, pour laisser vivre les amitiés libres comme l'air et insouciantes et éternelles. Mais comment faire quand on est épuisé, et que la maladie arrive même à menacer l'amitié?"
Hervé Guibert, À l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie, Paris, Gallimard, 1990, p.15

Matine Franck
Hervé Guibert (1987) 

"Sentí venir la muerte en el espejo, en mi mirada en el espejo, mucho antes de que haya realmente tomado posición. ¿Despedía ya esta muerte a través de mi mirada en los ojos de los demás? No se lo confesé a todos. Hasta ahora, hasta el libro, no se lo había confesado a todos. Al igual que Muzil me hubiera gustado tener la fuerza, el orgullo insensato, la generosidad también, de no confesárselo a nadie, para dejar vivir las amistades libres como el viento, despreocupadas, eternas. Pero ¿cómo hacer cuando se está agotado, cuando la enfermedad llega incluso a poner en riesgo la amistad?"

samedi 13 juin 2009

Des raisons

"Je puis seulement énumérer les raisons pour lesquelles j'imagine écrire: 
1. pour un besoin de plaisir, qui, on le sait bien, n'est pas sans rapport avec l'enchantement érotique;
2. parce que l'écriture décentre la parole, l'individu, la personne, accomplit un travail dont l'origine est indiscernable;
3. pour mettre en œuvre un "don", satisfaire une activité distinctive, opérer une différence;
4. pour être reconnu, gratifié, aimé, contesté, constaté;
5. pour remplir des tâches idéologiques ou contre-idéologiques;
6. pour obéir aux injonctions d'une idéologie secrète, d'une distribution combattante, d'une évaluation permanente;
7. pour satisfaire ses amis, irriter ses ennemis;
8. pour contribuer à fissurer le système symbolique de notre société;
9. pour produire des sens nouveaux, c'est-à-dire des forces nouvelles, s'emparer des choses d'une façon nouvelle, ébranler et changer la subjugation des sens;
10. enfin, [...] pour accréditer ainsi la valeur supérieure d'une activité pluraliste, sans causalité, finalité ni généralité, comme l'est le texte lui-même."

Roland Barthes, "Dix raisons d'écrire", Il Corriere della sera, 29 mai 1969, repris dans Œuvres complètes, éditées par É. Marty, tome II, Seuil, 1994, p. 541

Henri Cartier-Bresson
Roland Barthes (1963) 

"Solamente puedo enumerar las razones por las cuales creo escribir: 
1) por una necesidad de placer que, como es sabido, guarda relación con el encanto erótico; 
2) porque la escritura descentra el habla, el individuo, la persona, realiza un trabajo cuyo origen es indiscernible; 
3) para poner en práctica un "don", satisfacer una actividad distintiva, producir una diferencia; 
4) para ser reconocido, gratificado, amado, discutido, confirmado; 
5) para cumplir cometidos ideológicos o contra-ideológicos; 
6) para obedecer las órdenes terminantes de una tipología secreta, de una distribución combatiente, de una evaluación permanente; 
7) para satisfacer a amigos e irritar a enemigos; 
8) para contribuir a agrietar el sistema simbólico de nuestra sociedad; 
9) para producir sentidos nuevos, es decir, fuerzas nuevas, apoderarse de las cosas de una manera nueva, socavar y cambiar la subyugación de los sentidos; 
10) finalmente, y tal como resulta de la multiplicidad y la contradicción deliberadas de estas razones, para desbaratar la idea, el ídolo, el fetiche de la Determinación Única, de la Causa (causalidad y "causa noble"), y acreditar así el valor superior de una actividad pluralista, sin causalidad, finalidad ni generalidad, como lo es el texto mismo."

dimanche 7 juin 2009

La trace I

"Très vite dans ma vie il a été trop tard. [...]
L'histoire de ma vie n'existe pas. Ça n'existe pas. Il n'y a jamais de centre. Pas de chemin, pas de ligne. Il y a de vastes endroits où l'on fait croire qu'il y avait quelqu'un, ce n'est pas vrai il n'y avait personne."

Marguerite Duras, L'amant, Paris, Minuit, 1984 p. 9-14

Amedeo Modigliani
Madame Zborowska, 1918
Oil on canvas. 64.5 x 46 cm

"Muy pronto en mi vida fue demasiado tarde. [...]
La historia de mi vida no existe. Eso no existe. Nunca hay centro. Ni camino, ni línea. Sólo grandes espacios en los que uno cree que había alguien, no es cierto, no había nadie."

lundi 1 juin 2009

Les signes I

"Combien il est difficile, dans chaque domaine, de renoncer à cette croyance à une réalité extérieure. Les signes sensibles nous tendent un piège, et nous invitent à chercher leur sens dans l'objet qui les porte ou les émet; si bien que la possibilité d'échec, le renoncement à interpréter, est comme le ver dans le fruit. Et même nous avons vaincu les illusions objectivistes dans la plupart des domaines, elles subsistent encore en Art, où nous continuons à croire qu'il faudrait savoir écouter, regarder, décrire, s'adresser à l'objet, le décomposer et le triturer pour en extraire une vérité." 
Gilles Deleuze, Proust et les signes, Paris, PUF, 1964, p. 43

Pierre Bonnard
Grande salle à manger sur le jardin (1934-1935)
Huile sur toile - 50 x 53 1/4 inch.

"Cuán difícil es, en cada dominio, renunciar a esa creencia en una realidad exterior. Los signos sensibles nos tienden una trampa y nos invitan a buscar su sentido en el objeto que los posee o los emite; tanto que la posibilidad del fracaso, la renuncia a interpretar, es como el gusano en la fruta. Y aún cuando hayamos vencido las ilusiones objetivistas en la mayoría de los dominios, ellas subsistirán todavía en el Arte, en el que seguimos creyendo que se debería saber escuchar, mirar, describir, dirigirse al objeto, descomponerlo y triturarlo para extraer de él una verdad."

jeudi 21 mai 2009

Le sentiment

« -Es curioso que uno no pueda estar sin encariñarse con algo… Es… como si la mente segregara sentimiento, sin parar…
-¿Vos crées?
-… lo mismo que el estómago segrega jugo para digerir.
-¿Te parece ?
-Sí, como una canilla mal cerrada. Y esas gotas van cayendo sobre cualquier cosa, no se las puede atajar.
-¿Por qué?
-Qué sé yo… porque están rebalsando ya el vaso que las contiene.”
Manuel Puig, El beso de la mujer araña, Buenos Aires, Planeta, 1993, p.41

Humberto Tortonese y Martín Urbaneja

«-C’est étrange qu’on ne puisse pas se passer de s’attacher à quelque chose… C’est… comme si la pensée sécrétait du sentiment, sans arrêt…
-Tu crois ?
-…comme l’estomac sécrète des sucs digestifs.
-Tu trouves ?
-Oui, comme un robinet mal fermé. Et ces gouttes tombent sur n’importe quoi ; on ne peut pas les attraper.
-Pourquoi ?
-Je ne sais pas… parce qu’elles débordent déjà du ver qui les contient. »

dimanche 17 mai 2009

Le temps et l'espace

"La séparation de l'espace et du temps est une convention purement technique ou scientifique et lorsqu'on dit que Moscou est situé à trois heures et demie de vol de Paris, on rend compte d'une réalité plus riche qu'en faisant allusion aux 2500 kilomètres qui les séparent. Réalité plus riche parce qu'elle englobe d'un coup toute un civilisation vécue, comme en 1880 on pouvait dire que Lyon était à cinq jours de Paris."

André Leroi-Gourhan, Le geste et la parole, Paris, Albin Michel, 1965, p. 142

Gustavo Daniel Ríos (2001)  

"La separación del espacio y del tiempo es una convención puramente técnica o científica y cuando se dice que Moscú está situada a tres horas y media de vuelo de París, se da cuenta de una realidad más rica que al hacer alusión a los 2500 kilómetros que las separan. Realidad más rica porque engloba toda una civilización vivida, como en 1880 podía decirse que Lyon estaba a cinco días de París."

dimanche 10 mai 2009

L'ange bleu

Marlene Dietrich
Josef von Sternberg
Der blaue Engel (1929)

Falling in love again 
Never wanted to 
What am I to do? 
Can't help it 

Love's always been my game 
Play it how I may 
I was made that way 
Can't help it 

Men cluster to me like moths around a flame 
And if their wings burn, I know I'm not to blame 

F. Hollander & S. Lerner 

vendredi 8 mai 2009

L'espace

David Hockney
Pearblossom Highway
California, April 11 - 18, 1986
Chromogenic prints mounted on paper honeycomb panel
198 x 282 cm

"L'oeuvre - immense - de Bachelard, les descriptions des phénoménologues nous ont appris que nous ne vivons pas dans un espace homogène et vide, mais, au contraire, dans un espace qui est tout chargé de qualités, un espace, qui est peut-être aussi hanté de fantasme; l'espace de notre perception première, celui de nos rêveries, celui de nos passions détiennent en eux-mêmes des qualités qui sont comme intrinsèques; c'est un espace léger, éthéré, transparent, ou bien c'est un espace obscur, rocailleux, encombré : c'est un espace d'en haut, c'est un espace des cimes, ou c'est au contraire un espace d'en bas, un espace de la boue, c'est un espace qui peut être courant comme l'eau vive, c'est un espace qui peut être fixé, figé comme la pierre ou comme le cristal.
Cependant, ces analyses, bien que fondamentales pour la réflexion contemporaine, concernent surtout l'espace du dedans. C'est de l'espace du dehors que je voudrais parler maintenant.
L'espace dans lequel nous vivons, par lequel nous sommes attirés hors de nous-mêmes dans lequel, se déroule précisément l'érosion de notre vie, e notre temps et e notre histoire, cet espace qui nous ronge et nous ravine est en lui-même aussi un espace hétérogène. Autrement dit, nous ne vivons pas dans une sorte de vide, à l'intérieur duquel on pourrait situer des individus et des choses. Nous ne vivons pas à l'intérieur d'un vide qui se colorerait de différents chatoiements, nous vivons à l'intérieur d'un ensemble de relations qui définissent des emplacements irréductibles les uns aux autres et absolument non superposables."

Michel Foucault, Dits et écrits (1984), « Des espaces autres » (conférence au Cercle d'études architecturales, 14 mars 1967), in Architecture, Mouvement, Continuité, n°5, octobre 1984, pp. 46-49.

David Hockney
La Place de Furstenberg
Paris, August 7,8,9, 1985
Photographic collage 88.9 x 80 cm

"La obra –inmensa– de Bachelard, las descripciones de los fenomenólogos nos han enseñado que no vivimos en un espacio homogéneo y vacío, sino, por el contrario, en un espacio que está cargado de cualidades, un espacio que tal vez esté también visitado por fantasmas; el espacio de nuestra primera percepción, el de nuestras ensoñaciones, el de nuestras pasiones guardan en sí mismos cualidades que son como intrínsecas; es un espacio liviano, etéreo, transparente, o bien un espacio oscuro, rocalloso, obstruido: es un espacio de arriba, es un espacio de las cimas, o es por el contrario un espacio de abajo, un espacio del barro, es un espacio que puede estar corriendo como el agua viva, es un espacio que puede estar fijo, detenido como la piedra o como el cristal.
Sin embargo, estos análisis, aunque fundamentales para la reflexión contemporánea, conciernen sobre todo al espacio del adentro. Es del espacio del afuera que quisiera hablar ahora.
El espacio en el que vivimos, que nos atrae hacia fuera de nosotros mismos, en el que se desarrolla precisamente la erosión de nuestra vida, de nuestro tiempo y de nuestra historia, este espacio que nos carcome y nos agrieta es en sí mismo también un espacio heterogéneo. Dicho de otra manera, no vivimos en una especie de vacío, en el interior del cual podrían situarse individuos y cosas. No vivimos en un vacío diversamente tornasolado, vivimos en un conjunto de relaciones que definen emplazamientos irreductibles los unos a los otros y que no deben superponerse."
(Traducción de Pablo Blitstein y Tadeo Lima)



mercredi 6 mai 2009

Le temps

« Alors le temps cessa d’exister. C’était comme si on avait effacé les chiffres d’un cadran, et le cadran lui-même pâlissait comme la lune au ciel en plein jour. Sans horloge (celle de la maisonnette ne fonctionnait plus), sans montre (il n’en avait jamais possédé), sans calendrier des bergers pendu au mur, le temps passait comme l’éclair ou durait toujours. Le soleil se levait, puis se couchait, à une place à peine autre que la veille, un peu plus tôt chaque soir, un peu plus tard chaque matin. L’aube et le crépuscule étaient les seuls événements qui comptaient. Entre eux, quelque chose coulait, qui n’était pas le temps, mais la vie. Les phases de la lune n’importaient plus, sauf que, quand elle était pleine, le sable la nuit brillait blanc. Il ne se souvenait plus bien des noms et des dessins des constellations, qu’il avait sus par cœur au temps où le pilote de la Téthys mettait le cap sur Aldébaran ou sur les Pléiades, mais peu importait : c’étaient de toute façon d’incompréhensibles feux qui brûlaient au ciel. Des nuages ou des bancs de brume en cachaient presque toujours une partie ; ou bien elles reparaissaient comme des amies perdues. Avant que la maladie, en s’aggravant, lui enlevât peu à peu la force d’aimer passionnément grand-chose, il continuait d’aimer passionnément la nuit. Elle semblait ici illimitée, toute-puissante : la nuit sur la mer prolongeait de tous côtés la nuit sur l’île. Parfois, sorti de la maison, dans le noir, où l’on n’apercevait indistinctement que la masse molle des dunes et, dans l’entrebâillement, le blanc moutonnement de la mer, il enlevait ses vêtements, et se laissait pénétrer par cette noirceur et ce vent presque tiède. Il n’était alors qu’une chose parmi les choses. Il n’aurait su dire pourquoi, ce contact de sa peau avec l’obscurité l’émouvait comme autrefois l’amour. À d’autres moments, le vide nocturne était terrible. »
Marguerite Yourcenar, Un homme obscur, Paris, Gallimard, 1982, p.163-164


Roberto Aizenberg
Torre (1975-1989)
Huile sur toile - 60 x 34 cm.

"Entonces el tiempo dejó de existir. Era como si se hubieran borrado las cifras de un cuadrante, y el cuadrante mismo palideciera como la luna en el cielo en pleno día. Sin reloj de pared (el de la casita no funcionaba más), sin reloj pulsera (nunca había tenido uno), sin calendario de los pastores colgado en la pared, el tiempo pasaba como un destello o duraba para siempre. El sol se levantaba para luego ponerse, en un sitio apenas distinto del anterior, un poco más tarde cada mañana. El alba y el crepúsculo eran los únicos hechos que contaban. Entre ellos, algo pasaba, que no era el tiempo, sino la vida. Las fases de la luna no importaban más, salvo que, cuando era luna llena, la arena la noche brillaba blanca. Ya no se acordaba bien de los nombres y de los dibujos de las constelaciones, que alguna vez había conocido de memoria en el tiempo en que el piloto de la Téthys hacía rumbo hacia Aldebarán o hacia las Pléyades, aunque poco importaba: de todas maneras eran fuegos incomprensibles que brillaban en el cielo. Nubes o bancos de bruma escondían casi siempre una parte; o bien reaparecían como amigas perdidas. Antes de que la enfermedad, al agravarse, le quitara poco a poco la fuerza de amar apasionadamente algo, continuaba amando apasionadamente la noche. Parecía ilimitada aquí, poderosa: la noche sobre el mar prolongaba por todas partes la noche sobre la isla. A veces, al salir de la casa, en la oscuridad, no percibiendo indistintamente otra cosa más que la masa blanda de las dunas y, al entornar los ojos, el cabrilleo del mar, se quitaba la ropa y se dejaba penetrar por esa negrura y ese viento casi tibio. Entonces no era más que una cosa entre las cosas. No hubiera sabido decir por qué ese contacto de su piel con la oscuridad lo emocionaba como alguna vez lo había emocionado el amor. En otros momentos, el vacío nocturno era terrible."

mercredi 29 avril 2009

Pygmalion


Paul Delvaux
Pygmalion (1939)
Huile sur toile - 117 x 147.5 cm

"Cet été les roses sont bleues; le bois c'est du verre. La terre drapée dans sa verdure me fait aussi peu d'effet qu'un revenant. C'est vivre et cesser de vivre qui sont des solutions imaginaires. L'existence est ailleurs."
André Breton, Manifeste du surréalisme, Paris, Gallimard, ([1924] 1962; 1979), p. 60 

"Este verano las rosas son azules; la madera es vidrio. La tierra arropada en su verdor me causa tan poco efecto como un aparecido. Es vivir y dejar de vivir, las cuales son soluciones imaginarias. La existencia está en otra parte."

mardi 28 avril 2009

Volodia (II)

Jason Rodgers
Charly

"Volodia avait trompé le temps jusqu'à l'extrême limite, attendant le dernier jour que nous passions ensemble pour réaliser ce à quoi il souhaitait que je renonce, se donnant ainsi tout le temps de ne pas faire ce qu'il voulait n'avoir jamais désiré."
Gilles Leroy, L'amant russe, Paris, Mercure de France, 2002, p. 133

"Volodia se había burlado del tiempo hasta el extremo límite, esperando hasta el último día que pasábamos juntos para concretar eso a lo que él deseaba que yo renunciara, dándose así todo el tiempo de no llevar a cabo lo que hubiera preferido no haber deseado jamás."

samedi 25 avril 2009

Le désespoir


Jean (Hans) Arp
Configuration (1951)
Litographie - 56.8 x 38 cm

"Ce soir, nous sommes deux devant ce fleuve qui déborde notre désespoir. Nous ne pouvons même plus penser. Les paroles s'échappent de nos bouches tordues, et, lorsque nous rions, les passants se retournent, effrayés, et rentrent chez eux précipitamment."
André Breton/Philippe Soupault, "La glace sans tain" dans Les champs magnetiques, Heidelberg, Wunderhorn, 1990, p. 10

"Esta noche, somos dos frente a este río que desborda nuestra desesperación. No podemos siquiera pensar. Las palabras se escapan de nuestras bocas retorcidas y, mientras reimos, los transeúntes se dan vuelta, sorprendidos, y corren a sus casas precipitadamente."

vendredi 24 avril 2009

L'allégresse

Marie Laurencin
Portrait de Juliette Roche Gleizes (Ca. 1917-1918)
Huile sur carton - 58.5 x 46 cm
"Tout ce qui jusqu’ici composait l’originalité, la délicatesse des arts féminins dans la dentelle, la broderie, la tapisserie de Bayeux, etc., nous les retrouvons ici transfiguré, purifié. L’art féminin est devenu un art majeur et on ne le confondra plus avec l’art masculin. L’art féminin est fait de bravoure, de courtoisie, d’allégresse. Il danse dans la lumière et s’alanguit dans le souvenir. Il n’a jamais connu l’imitation, il n’est jamais descendu aux bassesses de la perspective. C’est un art heureux.
[…] L’art féminin, l’art de Mlle. Laurencin, tend à devenir une pure arabesque humaniste par l’observation attentive de la nature et qui, étant expressive, s’éloigne de la simple décoration tout en demeurant aussi agréable."
Guillaume Apollinaire, « Méditations esthétiques. Les Peintres cubistes. Peintres nouveaux » dans Œuvres en prose complètes, Paris, Gallimard, 1991, p.34-39
"Todo lo que hasta aquí formaba parte de la originalidad, la delicadeza de las artes femeninas en el encaje, el bordado, la tapicería de Bayeux, etc., lo encontramos aquí transfigurado, purificado. El arte femenino se ha convertido en un arte mayor y ya no se lo confundirá con el arte masculino. El arte femenino está hecho de bravura, de cortesía, de alegría. Baila en la luz y perdura en el recuerdo. Nunca conoció la imitación, ni descendió jamás a las bajezas de la perspectiva. Es un arte feliz.
[...]
El arte femenino, el arte de Mlle. Laurencin, tiende a volverse un arabesco humanista puro por la observación atenta de la naturaleza, la cual, aún expresiva, se aparta de la simple decoración resultando también agradable. "

mardi 21 avril 2009

L'apparence

Emil Nolde
Still Life, Tulips, (Ca.1930)
Watercolor on paper - 46.9 x 34.2 cm

"Les grands poètes et les grands artistes ont pour fonction sociale de renouveler sans cesse l'apparence que revêt la nature aux yeux des hommes.
Sans les poètes, sans les artistes les hommes s'ennuieraient vite de la monotonie naturelle. L'idée sublime qu'ils ont de l'univers retomberait avec une vitesse vertigineuse."

Guillaume Apollinaire, "Méditations esthétiques. Les Peintres cubistes. Sur la peinture" dans OEuvres en prose complètes II, Paris, Gallimard, 1991, p. 12

"Los grandes poetas y los grandes artistas tienen como función social renovar sin cesar la apariencia que reviste la naturaleza ante los ojos de los hombres.
Sin los poetas, sin los artistas los hombres se aburrirían rápidamente de la monotonía natural. La idea sublime que tienen del universo caería con una rapidez vertiginosa."

lundi 20 avril 2009

La constellation

Oil and tempera on canvas - 17 1/8 x 17 1/8 inches

"L'art ne reproduit pas le visible; il rend visible. Et le domaine graphique, de par sa nature même, pousse à bon droit aisément à l'abstraction."
Paul Klee, "Credo du créateur" dans Théorie de l'Art Moderne

"El arte no reproduce lo visible; vuelve visible. Y el dominio gráfico, por su misma naturaleza, empuja fácilmente y con razón hacia la abstracción."
Paul Klee, "Credo del creador" en Teoría del arte moderno, Buenos Aires, Cactus, 2007, p. 35


Paul Klee
Arches of the Bridge Break Ranks (1937)
Charcoal on cloth, mounted on paper
Cloth: 16 3/4 x 16 1/2 inches; paper: 19 5/8 x 18 3/8 inches

jeudi 16 avril 2009

Le désir (II)


Anouk Aimée
Claude Lelouch - Un homme et une femme (1966) 

«Le cinéma substitue à nos regards un monde qui s'accorde à nos désirs.»
André Bazin
"El cine pone frente a nuestros ojos un mundo acorde con nuestros deseos."

Jean-Louis Trintignant
Claude Lelouch - Un homme et une femme (1966) 

mardi 14 avril 2009

Le poète et sa muse

Henri Rousseau
La muse inspirant le poète (1909)
(Marie Laurencin et Guillaume Apollinaire)
Huile sur toile - 146 x 97 cm

"Comme peintre de portraits, Rousseau est incomparable. [...] J'ai eu deux fois l'honneur d'être peint par Rousseau, dans son petit atelier de la rue Perrel, je l'ai vu souvent travailler et je sais quel souci il avait de tous les détails, quelle faculté il avait de garder la conception primitive et définitive de son tableau jusqu'à ce qu'il l'eût achevé et aussi qu'il n'abandonnait rien au hasard et rien sourtout de l'essentiel."

Guillaume Apollinaire, Méditations esthétiques. Les Peintres cubistes. Peintres nouveaux dans OEuvres en prose complètes II, Paris, Gallimard 1991, p. 37


"Como pintor de retratos, Rousseau es incomparable. [...] He tenido dos veces el honor de ser pintado por Rousseau en su pequeño taller de la calle Perrel; lo he visto trabajar a menudo y sé cuánto celo ponía en todos los detalles, cuán grande era su capacidad para mantener la concepción primitiva y definitiva de su obra hasta haberla terminado; no dejaba nada librado al azar, nada de lo esencial sobre todo."

dimanche 12 avril 2009

Le retour


Aurélie Nemours
Retour
Gouache sur papier - 37,7 x 35,8 cm

"Les pleures la réveillent. Elle vous regarde. Elle regarde la chambre. Et de nouveau elle vous regarde. Elle caresse votre main. Elle demande: Vous pleurez pourquoi? Vous dites que c'est à elle de dire pourquoi vous pleurez, que c'est elle qui devrait le savoir.
Elle répond tout bas, dans la douceur: Parce que vous n'aimez pas. Vous répondez que c'est ça.
Elle vous demande de le lui dire clairement. Vous le lui dites: Je n'aime pas.
Elle dit: Jamais?
Vous dites: Jamais.
Elle dit: L'envie d'être au bord de tuer un amant, de le garder pour vous, pour vous seul, de le prendre, de le voler contre toutes les lois, contre tous les empires de la morale, vous ne la connaissez pas, vous ne l'avez jamais connue?
Vous dites: Jamais.
Elle vous regarde, elle répète: C'est curieux un mort."
Marguerite Duras, La maladie de la mort, Paris, Minuit, 1982, p. 44-45

samedi 11 avril 2009

Les changements


Gustave Caillebotte
Nasturces (1892)

"[...] "On dirait que le temps a changé". Ces mots me remplirent de joie, comme si la vie profonde, le surgissement de combinaisons différentes qu'ils impliquaient dans la nature, devait annoncer d'autres changements, ceux-là se produisant dans ma vie, et y créer de possibilités nouvelles. Rien qu'en ouvrant la porte sur le parc avant de partir, on sentait qu'un autre "temps" occupait depuis un instant la scène; des souffles frais, volupté estivale, s'élevaient dans la sapinière (où jadis Mme de Cambremer rêvait de Chopin) et presque imperceptiblement, en méandres caressants, en remous capricieux, commençaient leurs légers nocturnes."  
Marcel Proust, Sodome et Gomorre, Paris, Gallimard, 1988, p. 365

samedi 4 avril 2009

Le désir (I)


Jacques-Emile Blanche 
Portrait de Marcel Proust (1892)
Huile sur toile - 73.5 x 60,5 cm

"Notre moindre désir bien qu'unique comme un accord, admet en lui les notes fondamentales sur lesquelles toute notre vie est construite. Et parfois si nous supprimions l'une d'elles, que nous n'entendons pas pourtant, dont nous n'avons pas conscience, qui ne se rattache en rien à l'objet que nous poursuivons, nous verrions pourtant tout notre désir de cet objet s'évanouir". 
Marcel Proust, Albertine disparue, Paris, Gallimard, 1992, p. 207

jeudi 2 avril 2009

Le matin

Un matin à Ouchy

"Le matin est mon séjour. Il s'y trouve pour moi une tristesse sobre et transparente. J'ai presque froid et encore chaud des chaleurs du lit. Je suis toujours à ce point de la journée à demi percé quant au coeur de je ne sais quel trait qui me ferait venir des larmes sans cause -à demi fou de lucidité sans objet- et d'une froide et implacable tension de compréhension. [...] Le matin agit et pousse ses pensées dans le temps vierge."

Paul Valéry, Cahiers I, Paris, Bibliothèque de la Pléiade, 1973, p. 110-111

mardi 31 mars 2009

Rubans

Andrés Sobrino
Cintas (2003)


Je sens des boums et des bangs
Agiter mon coeur blessé
L'amour comme un boomerang
Me revient des jours passés
À pleurer les larmes dingues
D'un corps que je t'avais donné
Serge Gainsbourg

vendredi 27 mars 2009

L'espérance

Puvis de Chavannes
L'espérance (1872)
Huile sur toile - 82 cm x 71 cm
Musée d'Orsay

Circonspection

Donne ta main, retiens ton souffle, asseyons-nous
Sous cet arbre géant où vient mourir la brise
En soupirs inégaux sous la ramure grise
Que caresse le clair de lune blême et doux.

Immobiles, baissons nos yeux vers nos genoux.
Ne pensons pas, rêvons. Laissons faire à leur guise
Le bonheur qui s'enfuit et l'amour qui s'épuise,
Et nos cheveux frôlés par l'aile des hiboux.

Oublions d'espérer. Discrète et contenue,
Que l'âme de chacun de nous deux continue
Ce calme et cette mort sereine du soleil.

Restons silencieux parmi la paix nocturne :
Il n'est pas bon d'aller troubler dans son sommeil
La nature, ce dieu féroce et taciturne.

Paul Verlaine

mardi 24 mars 2009

J'ai été tagué




Et en même temps gâté, flatté. Car j'apprécie cette preuve de sympathie qui, en outre, me fait savoir que vous lisez régulièrement mon blog. Cependant, je ne suis pas le meilleur pour cette habitude du tag. La plupart du temps j'ai du mal à trouver le bon moment pour m'en occuper.
De toutes façons, en vous remerciant et pour vous faire plaisir, voilà mon devoir accompli.
St Loup

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