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jeudi 1 décembre 2011

Le roman

"Le roman connaît l'inconscient avant Freud, la lutte de classes avant Marx, il pratique la phénoménologie (la recherche de l'essence des situations humaines) avant les phénoménologues. Quelles superbes "descriptions phénoménologiques" chez Proust qui n'a connu aucun phénoménologue!" [p. 46]

"...la seul raison d'être d'un roman est de dire ce que seul le roman peut dire." [p. 50]

"Le roman n'examine pas la réalité mais l'existence. Et l'existence n'est pas ce qui s'est passé, l'existence est le champ des possibilités humaines, tout ce que l'homme peut devenir, tout ce dont il est capable." [p. 57]

KUNDERA, Milan, L'art du roman, Paris, Gallimard, 1986



Red, Black and White (1977)
Acrylic and collage on canvas, 1220 X 812 mm

["La novela conoce el inconsciente antes que Freud, la lucha de clases antes que Marx, practica la fenomenología (la búsqueda de la esencia de las situaciones humanas) antes que los fenomenólogos. ¡Qué bellas "descripciones fenomenológicas" en Proust, que no conoció ningún fenomenólogo!]

["...la única razón de ser de una novela es decir aquello que sólo la novela puede decir."]

["La novela no examina la realidad sino la existencia. Y la existencia no es lo que sucedió, la existencia es el campo de las posibilidades humanas, todo lo que el hombre puede devenir, todo aquello de lo que es capaz."]


Milan Kundera (Paris, 1975)

samedi 1 janvier 2011

Bonne année 2011

"Il semble qu'il existe dans le cerveau une zone tout à fait spécifique qu'on pourrait appeler la mémoire poétique et qui enregistre ce qui nous a charmés, ce qui nous a émus, ce qui donne à notre vie sa beauté."

Milan Kundera, L'insoutenable légèreté de l'être, Paris, Gallimard, 1987, p. 299



David Hockney
Acrylic on canvas - 214 x 304.8 cm

["Parece que existe en el cerebro una zona absolutamente específica que podría llamarse la memoria poética y que registra lo que nos ha fascinado, lo que nos ha emocionado, lo que da a nuestra vida su belleza."]

vendredi 25 septembre 2009

Insaisissable, immémorisable

Carolina Magnin
151-2 - Série Aeropostale (2007)
Photographie digitale sous acrylique - impression lambda
100 x 160 cm


"Imprimer la forme à une durée, c'est l'exigence de la beauté mais aussi celle de la mémoire. Car ce qui est informe est insaisissable, immémorisable."
Milan Kundera, La lenteur, Paris, Gallimard, 1995, p. 44

[Darle forma a una duración es la exigencia de la belleza y también de la memoria. Pues aquello que es informe es inasequible, inmemorizable.]

lundi 29 juin 2009

L'inacceptable

"Le débat entre ceux qui affirment que l'univers a été crée par Dieu et ceux qui pensent qu'il est apparu tout seul concerne quelque chose qui dépasse notre entendement et notre expérience. Autrement réelle est la différence entre ceux qui doutent de l'être tel qu'il a été donné à l'homme (peu importe comment et par qui) et ceux qui y adhèrent sans réserve. 
Derrière toutes les croyances européennes, qu'elles soient religieuses ou politiques, il y a le premier chapitre de la Genèse, d'où il découle que le monde a été créé comme il fallait qu'il le fût, que l'être est bon et que c'est donc une bonne chose de procréer. Appelons cette croyance fondamentale accord catégorique avec l'être
Si, récemment encore, dans les livres, le mot merde était remplacé par de pointillés, ce n'était pas pour des raisons morales. On ne va tout de même pas prétendre que la merde est immorale! Le désaccord avec la merde est métaphysique. L'instant de la défécation est la preuve quotidienne du caractère inacceptable de la Création. De deux choses l'une: ou bien la merde est acceptable (alors ne vous enfermez pas à clé dans les waters!), ou bien la manière dont on nous a créés est inadmissible. 
Il s'ensuit que l'accord catégorique avec l'être a pour idéal esthétique un monde où la merde est niée et où chacun se comporte comme si elle n'existait pas. Cet idéal esthétique s'appelle le kitsch
C'est un mot allemand qui est apparu au milieu du XIXe siècle sentimental et que s'est ensuite répandu dans toutes les langues. Mais l'utilisation fréquente qui en est faite a gommé sa valeur métaphysique originelle, à savoir: le kitsch, par essence, est la négation absolue de la merde; au sens littéral comme au sens figuré: le kitsch exclut de son champ de vision tout ce que l'existence humaine a d'essentiellement inacceptable."

Milan Kundera, L'insoutenable légèrté de l'être, Paris, Gallimard, 1987, p. 356-357

Miguel Bosé 
Pedro Almodóvar - Tacones lejanos (1991)

[El debate entre los que afirman que el universo fue creado por Dios y aquellos que piensan que apareció por sí mismo, tiene que ver con algo que sobrepasa nuestro entendimiento y nuestra experiencia. Es también real la diferencia entre los que dudan del ser tal y como ha sido dado al hombre (poco importa cómo y por quién) y aquellos que adhieren a él sin reserva. 
Detrás de todas las creencias europeas, sean religiosas o políticas, existe el primer capítulo del Génesis, del cual resulta que el mundo fue creado como era necesario que fuera, que el ser es bueno y que, por lo tanto, la procreación es algo bueno. Llamemos a esta creencia fundamental acuerdo categórico con el ser
Si hasta hace poco aun, en los libros, la palabra mierda era reemplazada por una línea de puntos, no era por razones morales. ¡No vamos sin embargo a afirmar que la mierda es inmoral! El desacuerdo con la mierda es metafísico. El instante de la defecación es la pueba cotidiana del carácter inaceptable de la Creación. Una de dos: o bien la mierda es aceptable (¡entonces no se encierren con llave en el baño!), o bien el modo en el que fuimos creados es inadmisible. 
Consecuentemente el acuerdo categórico con el ser tiene como ideal estético un mundo en el que la mierda es negada y en el que todos se comportan como si ella no existiera. Ese ideal estético se llama kitsch
Es una palabra alemana que apareció a mediados del siglo XIX sentimental y que más tarde se extendió a todas las lenguas. Pero la utilización frecuente que se ha hecho de ella ha borrado su valor metafísico original, a saber: el kitsch por esencia es la negación absoluta de la mierda; tanto en el sentido literal como en el figurado: el kitsch excluye de su campo de visión todo aquello que la existencia humana tiene de esencialmente inaceptable.]

jeudi 3 juillet 2008



Fabián Burgos. Lignes parallèles - Münsterberg (2003)
Huile sur toile - 112 x 236 cm

"Nous traversons le présent les yeux bandés. Tout au plus pouvons-nous pressentir et deviner ce que nous sommes en train de vivre. Plus tard seulement, quand est dénoué le bandeau et que nous examinons le passé, nous nous rendons compte de ce que nous avons vécu et nous en comprenons le sens."
Milan Kundera, Risibles amours

["Atravesamos el presente con los ojos vendados. A lo sumo podemos presentir y adivinar lo que estamos viviendo. Solamente más tarde, cuando la venda ha sido desatada y examinamos el pasado, nos damos cuenta de lo que hemos vivido y comprendemos su sentido."]

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