Affichage des articles dont le libellé est Agnes Martin. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Agnes Martin. Afficher tous les articles

jeudi 7 juillet 2011

Gris-brun

"C'était un caractère très étrange: extraordinairement passive. Presque contemplative. Mais cette apparence d'inertie contenait une activité propre. Elle était profondément calme, calme sans aucune sérénité, calme de façon inlassable, opiniâtre, à tout instant concentrée. Elle n'obéissait à personne mais commandait encore moins à qui que ce fût. Elle parlait peu. Elle menait une vie presque invisible, entourée de ses trois pianos, abritée par ses trois pianos, inamicale, presque recluse, laborieuse, parallèle. Quand elle leva les yeux sur l'eau qui coulait, devant elle, tout ce qui l'entourait était devenu gris. Seul le quai d'en face était blanchâtre. Les arbres et la péniche étaient gris-brun dans la lumière terne." 

Pascal Quignard, Villa Amalia, Paris, Gallimard, 2006, p. 34



Agnes Martin (1912-2004) 
Untitled - Signed and dated 'a. martin 1963' (on the backing board) 
Ink on paper - 12 x 9½ in. (30.5 x 24.1 cm.) 

[“Era una actitud muy extraña: extraordinariamente pasiva. Casi contemplativa. Pero esa apariencia de inercia contenía una actividad propia. Estaba profundamente tranquila, tranquila sin ninguna serenidad, tranquila de manera incansable, persistente, constantemente concentrada. No obedecía a nadie pero dirigía aún mucho menos a quien fuese. Hablaba poco. Llevaba una vida casi invisible, rodeada de sus tres pianos, protegida por sus tres pianos, hostil, casi recluida, laboriosa, paralela. Cuando levantó su mirada hacia el agua que corría, ante ella, todo lo que la rodeaba se volvió gris. Únicamente el muelle de enfrente era blancuzco. Los árboles y la barca eran gris-pardo en la luz débil.”]

dimanche 19 juillet 2009

"... je me réveille et me demande où je suis. Je me pose réellement cette question: "Où suis-je?" Question totalement inutile, car je connais la réponse depuis le début: je suis dans ma vie, voilà où je suis. Ma vie. Un appendice à ce sentiment d'existence réelle nommée "moi". "
Haruki Murakami, Danse, danse, danse, Paris, Seuil, 1995, p.7

Agnes Martin
Wood (1964)
Ink on paper - 27.7 x 27.7 cm

["... me despierto y me pregunto dónde estoy. Formulo realmente la pregunta: "¿Dónde estoy?" Pregunta absolutamente inútil, pues conozco la respuesta desde el principio: estoy en mi vida, es ahí donde estoy. Mi vida. Un apéndice de ese sentimiento de existencia real llamada "yo"."]
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...