Affichage des articles dont le libellé est David Hockney. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est David Hockney. Afficher tous les articles

jeudi 3 mars 2011

Un défilé

"La mode est un processus d'élimination permanente: on est dans le coup ou has been, actuel ou passé, neuf ou ringard, juste ou faux. Faire partie des élus, des initiés, c'est être en prise directe avec l'adrénaline qui fait carburer cet organisme voué à l'apparence: un état de grâce immédiatement reconnaissable car on se retrouve assis au meilleur rang du défilé, on est invité aux soirées Saint Laurent, on fait la couverture de toutes les revues, on se trouve déifié. Mais l'exaltation d'avoir été distingué du commun des mortels s'accompagne toujours de la peur de la chute, du retour brutal à l'anonymat. Le besoin compulsif de changement qui est au coeur de la mode signifie qu'un jour viendra où l'on cessera soudain d'être in pour devenir out, d'être formidable pour se voir qualifié d'infréquentable. C'est la coexistence permanente de ces deux états d'esprit, euphorie et crainte, qui crée l'extase terrible de la mode. Il suffit d'avoir assisté à un défilé dans sa vie pour ressentir cet effroi." 
Alicia Drake, Beautiful People - Saint Laurent, Lagerfeld: splendeurs et misères de la mode, Paris, Denoël, 2008, p. 208






David Hockney
Jacques de Bascher de Beaumarchais (1973)
Catalogue de l'exposition Galerie Claude Bernard, Paris, 1975



["La moda es un proceso de eliminación permanente: de golpe uno es o has been, o actual o pasado, nuevo o anticuado, justo o falso. Formar parte de los elegidos, de los iniciados, es estar en conexión directa con la adrenalina que hace carburar ese organismo consagrado a la apariencia: un estado de gracia reconocible inmediatamente, pues uno se encuentra sentado en la primera fila del desfile, uno es invitado a las fiestas de Saint Laurent, uno aparece en la tapa de todas las revistas, uno se descubre deificado. Pero la exaltación de haber sido distinguido del común de los mortales está siempre acompañada del miedo a la caída, al retorno brutal al anonimato. La necesidad compulsiva de cambio, instalada en el corazón de la moda,  significa que llegará un día en que uno dejará repentinamente de ser in para volverse out, de ser formidable para verse calificado de infrecuentable. Es la coexistencia peremanente de esos dos estados de ánimo, euforia y miedo, que crea el éxtasis terrible de la moda. Basta con haber asistido a un desfile en su vida para sentir ese pavor."]

samedi 1 janvier 2011

Bonne année 2011

"Il semble qu'il existe dans le cerveau une zone tout à fait spécifique qu'on pourrait appeler la mémoire poétique et qui enregistre ce qui nous a charmés, ce qui nous a émus, ce qui donne à notre vie sa beauté."

Milan Kundera, L'insoutenable légèreté de l'être, Paris, Gallimard, 1987, p. 299



David Hockney
Acrylic on canvas - 214 x 304.8 cm

["Parece que existe en el cerebro una zona absolutamente específica que podría llamarse la memoria poética y que registra lo que nos ha fascinado, lo que nos ha emocionado, lo que da a nuestra vida su belleza."]

vendredi 8 mai 2009

L'espace

David Hockney
Pearblossom Highway
California, April 11 - 18, 1986
Chromogenic prints mounted on paper honeycomb panel
198 x 282 cm

"L'oeuvre - immense - de Bachelard, les descriptions des phénoménologues nous ont appris que nous ne vivons pas dans un espace homogène et vide, mais, au contraire, dans un espace qui est tout chargé de qualités, un espace, qui est peut-être aussi hanté de fantasme; l'espace de notre perception première, celui de nos rêveries, celui de nos passions détiennent en eux-mêmes des qualités qui sont comme intrinsèques; c'est un espace léger, éthéré, transparent, ou bien c'est un espace obscur, rocailleux, encombré : c'est un espace d'en haut, c'est un espace des cimes, ou c'est au contraire un espace d'en bas, un espace de la boue, c'est un espace qui peut être courant comme l'eau vive, c'est un espace qui peut être fixé, figé comme la pierre ou comme le cristal.
Cependant, ces analyses, bien que fondamentales pour la réflexion contemporaine, concernent surtout l'espace du dedans. C'est de l'espace du dehors que je voudrais parler maintenant.
L'espace dans lequel nous vivons, par lequel nous sommes attirés hors de nous-mêmes dans lequel, se déroule précisément l'érosion de notre vie, e notre temps et e notre histoire, cet espace qui nous ronge et nous ravine est en lui-même aussi un espace hétérogène. Autrement dit, nous ne vivons pas dans une sorte de vide, à l'intérieur duquel on pourrait situer des individus et des choses. Nous ne vivons pas à l'intérieur d'un vide qui se colorerait de différents chatoiements, nous vivons à l'intérieur d'un ensemble de relations qui définissent des emplacements irréductibles les uns aux autres et absolument non superposables."

Michel Foucault, Dits et écrits (1984), « Des espaces autres » (conférence au Cercle d'études architecturales, 14 mars 1967), in Architecture, Mouvement, Continuité, n°5, octobre 1984, pp. 46-49.

David Hockney
La Place de Furstenberg
Paris, August 7,8,9, 1985
Photographic collage 88.9 x 80 cm

"La obra –inmensa– de Bachelard, las descripciones de los fenomenólogos nos han enseñado que no vivimos en un espacio homogéneo y vacío, sino, por el contrario, en un espacio que está cargado de cualidades, un espacio que tal vez esté también visitado por fantasmas; el espacio de nuestra primera percepción, el de nuestras ensoñaciones, el de nuestras pasiones guardan en sí mismos cualidades que son como intrínsecas; es un espacio liviano, etéreo, transparente, o bien un espacio oscuro, rocalloso, obstruido: es un espacio de arriba, es un espacio de las cimas, o es por el contrario un espacio de abajo, un espacio del barro, es un espacio que puede estar corriendo como el agua viva, es un espacio que puede estar fijo, detenido como la piedra o como el cristal.
Sin embargo, estos análisis, aunque fundamentales para la reflexión contemporánea, conciernen sobre todo al espacio del adentro. Es del espacio del afuera que quisiera hablar ahora.
El espacio en el que vivimos, que nos atrae hacia fuera de nosotros mismos, en el que se desarrolla precisamente la erosión de nuestra vida, de nuestro tiempo y de nuestra historia, este espacio que nos carcome y nos agrieta es en sí mismo también un espacio heterogéneo. Dicho de otra manera, no vivimos en una especie de vacío, en el interior del cual podrían situarse individuos y cosas. No vivimos en un vacío diversamente tornasolado, vivimos en un conjunto de relaciones que definen emplazamientos irreductibles los unos a los otros y que no deben superponerse."
(Traducción de Pablo Blitstein y Tadeo Lima)



Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...