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jeudi 16 février 2012

En toute sympathie...

"Dans les librairies de la Cinquième Avenue, elle signe son livre à la chaîne d'un chaleureux "with all my sympathy", sans comprendre pourquoi ses lecteurs repartent la mine défaite: la formule, qu'elle a traduite littéralement, est en réalité un message de condoléances..."

LELIÈVRE, Marie-Dominique, Sagan à toute allure, Paris, Denoël, 2008, p. 69




["En las librerías de la Quinta Avenida, firma su libro, uno tras otro, con un caluroso "with all my sympathy", sin comprender por qué sus lectores parten con mala cara: la fórmula, que ella tradujo literalmente, es en realidad un mensaje de condolencias..."]

dimanche 28 mars 2010

Faire l'amour





"J'éprouvais, en dehors du plaisir physique et très réel que me procurait l'amour, une sorte de plaisir intellectuel à y penser. Les mots "faire l'amour" ont une séduction à eux, très verbale, en les séparant de leur sens. Ce terme de "faire", matériel et positif, uni à cette abstraction poétique du mot "amour", m'enchantait..." 
Françoise Sagan, Bonjour tristesse, Paris, Julliard, 1954, p. 114



Bernard Buffet
Portrait de femme (1953)
Pastel - 65 x 50 cm




["Sentía, más allá del placer físico y muy real que el amor me brindaba, una suerte de placer intelectual al pensar en él. Las palabras "hacer el amor" poseen una seducción propia, muy verbal, al separarlas de su sentido. Ese término "hacer", material y positivo, unido a esa abstracción poética de la palabra "amor", me encantaba..."] 

mardi 27 janvier 2009




Elizabeth Peyton
Craig (1998)
Watercolor on paper
34,3 x 27,9 cm


"Ils se retrouvaient dans la même petite chambre, tremblants, ils sombraient dans le noir, ils n'avaient presque pas le temps de se parler. Ils ne savaient rien l'un de l'autre, mais leurs corps se reconnaissaient avec tant de ferveur, de piété, un tel sentiment d'absolu que leur mémoire se décrocherait sous la force de l'instant et qu'ils cherchaient désespérément et vainement l'un l'autre, après s'être qittés, un souvenir précis, un des mots chuchotés dans l'obscurité, un geste. Il se quittaient toujours comme deux somnambules, presque distraits et c'était seulement deux heures plus tard qu'ils recommençaient à attendre, comme le seul point vivant de leur vie, la seule réalité, le moment où ils se retrouveraient. Tout le reste était mort. Seule cette attente les maintenait au courant de l'heure, du temps, des autres, parce qu'elle les transformait en obstacle."

Françoise Sagan, La Chamade, Paris, Juillard, 1965, p. 55-56

vendredi 23 janvier 2009

Claire

Alex Katz
Lita (1964)
Oil on canvas - 60 x 60 inches
"C'est une femme longue, sèche, vigoureuse, une de ces femmes blondes qui pourraient aussi bien être brunes. Elle avait un peu plus de cinquante ans, ne les paraissait pas et elle parlait gaiement de l'amour en femme que ça n'intéresse plus mais qui en garde de bons souvenirs. En conséquence, les femmes l'aimaient bien et les hommes lui faisaient une cour égrillarde avec de grands rires. Elle faisait partie de cette vaillante petite cohorte de femmes quinquagénaires qui, à Paris, se débrouillent, et pour vivre et pour rester à la mode -parfois même pour la faire. Claire Santré avait toujours, dans ses dîners mondains, un ou deux Américains, un ou deux Vénézuéliens dont elle prévenait à l'avance qu'ils n'étaient pas drôles mais qu'elle était en affaires avec eux. Ils dînaient chez elle près d'une femme à la mode, suivaient difficilement une conversation faite d'énigmes, d'ellipses et de plaisanteries incompréhensibles dont on pouvait espérer qu'il feraient au retour, un joyeux récit à Caracas. Moyennant quoi, Claire avait l'exclusivité des tissus vénézuéliens en France ou le contraire et ses réceptions ne manquaient du whisky. Au demeurant, c'était une habile personne et elle ne disait du mal de quelqu'un que lorsque c'était indispensable pour n'avoir pas l'air stupide."
Françoise Sagan, La Chamade, Paris, Juillard, 1965, p. 19-20

jeudi 19 juin 2008

Intertextes


Un morceau de Faulkner en français dans un roman de Sagan trouvé par hasard dans la bibliothèque d'une amie, copié dans un carnet de voyage. Le texte original copié d'une page d'Internet. La traduction en espagnol. Une femme qui revoit sa vie à travers l'angoisse d'une autre. Le dialogue d'un homme avec une statue. La vie n'est qu'un intertexte.

[Un fragmento de Faulkner en francés en una novela de Sagan encontrada por casualidad en la biblioteca de una amiga, copiado en un diario de viaje. El texto original copiado de una página de Internet. La traducción al español. Una mujer que revé su vida a través de la angustia de otra. El diálogo de un hombre con una estatua. La vida no es más que un intertexto.]



“…La respectabilité. C’est elle qui est responsable de tout. J’ai compris, il y a déjà quelque temps, que c’est l’oisiveté qui engendre toutes nos vertus, nos qualités les plus supportables –contemplation, égalité d´humeur, paresse, laisser les gens tranquilles, bonne digestion mentale et physique : la sagesse de concentrer son attention sur les plaisirs de la chair –manger, évacuer, forniquer, lézarder au soleil. Il n’y a rien d’autre en ce monde que vivre le peu de temps qui nous est accordé, respirer, être vivant et le savoir. »
William Faulkner, Les Palmiers sauvages, dans Françoise Sagan, La Chamade




“…Respectability. That's what did it. I found out some time ago that it's idleness breeds all our virtues, our most bearable qualities--contemplation, equableness, laziness, letting other people alone; good digestion mental and physical: the wisdom to concentrate on fleshly pleasures--eating and evacuating and fornication and sitting in the sun--than which there is nothing better, nothing to match, nothing else in all this world but to live for the short time you are loaned breath, to be alive and know it— ”
William Faulkner, The wild palms, in Françoise Sagan, La Chamade



“…Respetabilidad. De eso se trata. Supe hace algún tiempo que es el ocio lo que engendra todas nuestras virtudes, nuestras más soportables cualidades –contemplación, serenidad, haraganería, dejar a los demás tranquilos; buena digestión mental y física: la sabiduría para concentrarse en los placeres de la carne –comer, evacuar, fornicar, sentarse al sol-. No hay nada mejor, nada comparable, nada más en este mundo más allá de vivir el corto tiempo que se nos ha acordado, estar vivo y saberlo.”
William Faulkner, Las palmeras salvages, en Françoise Sagan, La Chamade


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