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vendredi 9 juillet 2010

Le manuscrit

"J’ai eu la possibilité de consulter des notes manuscrites ajoutées par Marguerite Yourcenar à la transcription de ses propos enregistrés par Matthieu Galey pour l’édition de Les yeux ouverts, propos frappés de l’autorité et de la sérénité d’un auteur célèbre et vénéré, proche de sa quatre-vingtième année. Ces notes sont nombreuses et constituent des paragraphes importants. Elles sont écrites en quatre encres, noire, bleue, verte, mauve, qui se succèdent et se mélangent sans cohérence; de deux calligraphies, tantôt droite, tantôt penchée, elles aussi mélangées; les dernières lettres des mots étant souvent escamotées. Comme nous sommes loin de l’écriture “typographiée” de cet auteur aux longueurs de phrases les plus régulières, ponctuées avec soin, évitant tout enchaînement flou. Comme nous sommes loin du ton calme, presque détaché du texte. Qui était Marguerite Yourcenar?"

RICHAUDEAU, François, « La génétique du texte ou comment ils écrivent » dans Communication et langages, Nº 105, 3ème trimestre 1995, pp. 74-91


Lettre manuscrite de Marguerite Yourcenar (1935)

« Tuve la posibilidad de consultar notas manuscritas agregadas por Marguerite Yourcenar a la transcripción de sus palabras grabadas por Matthieu Galey para la edición de Les yeux ouverts, palabras sujetas a la autoridad y a la serenidad de una autora célebre y venerada, próxima a su octagésimo aniversario. Esas notas son numerosas y constituyen párrafos importantes. Están escritas en cuatro tintas, negra, azul, verde, violeta, las cuáles se suceden y se mezclan sin coherencia; en dos caligrafías, unas veces derecha, otras torcida, ellas también entremezcladas ; las últimas letras de las palabras a menudo escamoteadas. Cuán lejos estamos de la escritura « tipográfica » de esta autora de frases largas y regulares, puntuadas con cuidado, evitando todo encadenamiento flojo. Cuán alejados estamos de tu calma, casi desprendida del texto. ¿Quién era Marguerite Yourcenar ? »

jeudi 3 juin 2010

Le plaisir



"Écrire dans le plaisir m'assure-t-i - moi, écrivain - du plaisir de mon lecteur? Nullement. Ce lecteur, il faut que je le cherche (que je le "drague"), sans savoir où il est. Un espace de la jouissance est alors créé. Ce n'est pas la "personne" de l'autre qui m'est nécessaire, c'est l'espace: la possibilité d'une dialectique du désir, d'une imprévision de la jouissance: que les jeux ne soient pas faits, qu'il y ait un jeu."

Roland Barthes, Le plaisir du texte, Paris, Seuil, 1973, p. 10-11
 
 
 Shakespeare & Co
 Paris - Mars 2010


[¿Escribir en el placer, me asegura a mí, escritor, la existencia del placer de mi lector? De ninguna manera. Es preciso que yo busque a ese lector (que lo "rastree") sin saber dónde está. Se crea entonces un espacio de goce. No es la "persona" del otro lo que necesito, es el espacio: la posibilidad de una dialéctica del deseo, de una imprevisión del goce: que las cartas no estén echadas sino que haya juego todavía.]

Traducción de Nicolás Rosa. Siglo Veintiuno Editores, S.A. Título original: Le plaisir du texte. Éditions du Seuil, París, 1973. Primera edición en español, junio de 1974.



dimanche 20 septembre 2009

Prochain, proche

"Quand je te revois, tout redevient limpide. J'accepte de souffrir. 

Et tu t'en vas? Tu t'en vas?... Non, tu ne t'en vas pas: je te garde... Tu me laisses dans les mains ton âme comme un manteau. 

Prochain? Non, tu es proche. Je te plains comme moi-même."

Marguerite Yourcenar, Feux, Paris, Gallimard, 1974, p.136

Bruxelles, mars 2008

[Cuando vuelvo a verte, todo se torna límpido. Acepto sufrir. 

¿Y te vas? ¿Te vas?... No, no te vas: te retengo... Dejás en mis manos tu alma como un abrigo. 

¿Prójimo? No, próximo. Te compadezco como a mí misma.]

jeudi 2 avril 2009

Le matin

Un matin à Ouchy

"Le matin est mon séjour. Il s'y trouve pour moi une tristesse sobre et transparente. J'ai presque froid et encore chaud des chaleurs du lit. Je suis toujours à ce point de la journée à demi percé quant au coeur de je ne sais quel trait qui me ferait venir des larmes sans cause -à demi fou de lucidité sans objet- et d'une froide et implacable tension de compréhension. [...] Le matin agit et pousse ses pensées dans le temps vierge."

Paul Valéry, Cahiers I, Paris, Bibliothèque de la Pléiade, 1973, p. 110-111

samedi 21 mars 2009

L'automne

Paris, Musée de la Vie Romantique

"Puis l'automne arriva. À ce moment-là, mon cœur avait trouvé l'apaisement. J'étais finalement parvenu à cette conclusion: il m'était impossible de continuer à vivre comme ça."
Haruki Murakami, Au sud de la frontière à l'ouest du soleil, Paris, Éditions 10/18, 2002, p. 165

mercredi 31 décembre 2008

Bonne Année!!

Voilà tous mes meilleurs vœux - He aquí todos mis mejores deseos. 
St Loup



(Photographie d'une action de Juliana Iriart - Oficina Proyectista - Décembre 2008)

Philippe et ses "sunglasses at night"

mardi 21 octobre 2008

Chanson des escargots qui vont à l'enterrement



A l'enterrement d'une feuille morte
Deux escargots s'en vont
Ils ont la coquille noire
Du crêpe autour des cornes
Ils s'en vont dans le soir
Un très beau soir d'automne
Hélas quand ils arrivent
C'est déjà le printemps
Les feuilles qui étaient mortes
Sont toutes réssucitées
Et les deux escargots
Sont très désappointés
Mais voila le soleil
Le soleil qui leur dit
Prenez prenez la peine
La peine de vous asseoir
Prenez un verre de bière
Si le coeur vous en dit
Prenez si ça vous plaît
L'autocar pour Paris
Il partira ce soir
Vous verrez du pays
Mais ne prenez pas le deuil
C'est moi qui vous le dit
Ça noircit le blanc de l'oeil
Et puis ça enlaidit
Les histoires de cercueils
C'est triste et pas joli
Reprenez vous couleurs
Les couleurs de la vie
Alors toutes les bêtes
Les arbres et les plantes
Se mettent a chanter
A chanter a tue-tête
La vrai chanson vivante
La chanson de l'été
Et tout le monde de boire
Tout le monde de trinquer
C'est un très joli soir
Un joli soir d'été
Et les deux escargots
S'en retournent chez eux
Ils s'en vont très émus
Ils s'en vont très heureux
Comme ils ont beaucoup bu
Ils titubent un petit peu
Mais la haut dans le ciel
La lune veille sur eux.

Jacques Prévert



Al entierro de una hoja seca
se van dos caracoles
tienen la concha oscura
crespón llevan de moño
bajo los arreboles
se fueron sin premura
una tarde de otoño
Cuando llegaron era
ay ya la primavera
todas las hojas secas
habían resucitado
y cada caracol
se sintió muy frustrado
mas aparece el sol
el sol que apenas nace
les habla y así empieza
sentaos aquí si os place
un vaso de cerveza
tomárselo en un tris
mas si lo preferís
tomad quizá os aguarde
el bus para París
partirá por la tarde
veréis a vuestro antojo
la campiña feliz
sin luto así me alegro
lo digo sin sonrojo
porque el luto de negro
pone el blanco del ojo
y lo vuelve a uno feo
esos cuentos de féretros
oírlos no deseo
por ser de triste género
revestid por favor
de la vida el color
luego animal y bestia
los árboles las plantas
entonaron con brío
perdiendo la modestia
forzando las gargantas
la canción del estío
como el calor les arde
brinda todo el gentío
es una linda tarde
linda tarde de estío
y los dos caracoles
se van a casa en fila
se van sin desencanto
dichosos los alcoholes
como bebieron tanto
vacilan un poquito
desde el cielo infinito
la luna los vigila.

Versión de Enrique Uribe White

jeudi 16 octobre 2008

L'enfance

« L’enfance, je crois que personne ne la quitte vraiment. On peut la rejeter, bien sûr, mais c’est la meilleure preuve qu’on y tient. C’est comme une forêt vierge, l’enfance. Souvent, quant on la vit, on la subit. Mais on se construit, en même temps, une série de chambres obscures qu’on n’arrive jamais, plus tard, a explorer jusqu’au bout… Tout ce que l’on a perdu et ce qu’on a gardé. Ce que l’on n’a jamais cédé et ce que l’on a cédé, même pour ne rien obtenir… C’est dérisoire, mais il n’y a que ça de vrai. Rien que pour ça, le jeu en vaut la chandelle. »


Fanny Ardant, dans Delerm, Philippe, Les amoureux de l’Hôtel de Ville, Paris, Éditions du Rochet, 1993 ; 2001, préface.


Chez Max

Montserrat - Buenos Aires

le 13 Septembre 2008

« La infancia, creo que nadie realmente la deja. Podemos rechazarla, ciertamente, pero esa es la mejor prueba de su presencia. Es como una selva virgen la infancia. A menudo, cuando la vivimos, la padecemos. Pero nos construimos, al mismo tiempo, una serie de cuartos oscuros que nuca conseguimos, más tarde, explorar a fondo… Todo eso que hemos perdido y lo que hemos ganado. Aquello que nunca cedimos y lo que hemos cedido, incluso, a cambio de nada… Es irrisorio, pero no hay más que esto de cierto. Y nada más que por eso, vale la pena el esfuerzo. »

mardi 30 septembre 2008

Dialogue

-Notre vie est formidable. L'amour nous manque mais on le cherche d'une manière très sincère... Tu ne devrais pas écrire tout ça...

-Pourquoi?

-Parce qu'on espère que ça changera vite!


Centre Pompidou

-Nuestra vida es fantástica. Nos falta el amor pero lo buscamos sinceramente... No tendrías que escribir esto...

-¿Por qué?

-¡Porque esperamos que se revierta pronto!

lundi 29 septembre 2008

Some velvet mornings

"La passion reste en suspens dans le monde,
prête à traverser les gens qui veulent bien se laisser traverser par elle."
Marguerite Duras



"La pasión permanece en suspenso en el mundo,
lista para atravesar a aquellos que quieran dejarse atravesar por ella."
Marguerite Duras

mardi 29 juillet 2008

"Peut-on passer si facilement de l'adoration au mépris? (Mais oui, mon cher, mais oui.) La sympathie est-elle donc chose si fragile, si précaire? (Mais bien sûr, mon cher, bien sûr.)"
Milan Kundera, La lenteur


["¿Se puede pasar tan fácilmente de la adoración al desprecio? (Pero sí, mi querido, sí.) ¿La simpatía entonces, es algo tan frágil, tan precario? (Pero seguro, mi querido, seguro.)"]
Milan Kundera, La lentitud

Merci mes amis, Mariana et Maxi

dimanche 20 juillet 2008

Mon Aigle

"...la contradiction que c'est de chercher dans la réalité les tableaux de la mémoire, auxquels manquerait toujours le charme qui leur vient de la mémoire même et de n'être pas perçus par les sens. (...) Les lieux que nous avons connus n'appartiennent pas qu'au monde de l'espace où nous les situons pour plus de facilité. (...) Le souvenir d'une certaine image n'est que le regret d'un certain instant; et les maisons, les routes, les avenues, sont fugitives, hélas, comme les années."
Marcel Proust, Du côté de chez Swann


["...la contradicción de buscar en la realidad las imágenes de la memoria, a las cuales siempre les faltará el encanto que les llega de la memoria misma y el de no ser percibidas por los sentidos. (...) Los lugares que conocimos no pertenecen más que al mundo del espacio donde los situamos por mayor facilidad. (...) El recuerdo de una cierta imagen no es más que el lamento por un cierto instante; y las casas, las rutas, las avenidad, son fugitivas, desgraciadamente, como los años."
Marcel Proust, Por el camino de Swann]

samedi 19 juillet 2008

Novembre à Paris

 "...un des premiers matins de ce mois de novembre où, à Paris, dans les maisons, la proximité et la privation du spectacle de l'automne qui s'achève si vite sans qu'on y assiste, donnent une nostalgie, une véritable fièvre des feuilles mortes qui peut aller jusqu'à empêcher de dormir."
Marcel Proust, Du côté ce chez Swann



["...una de esas primeras mañanas del mes de septiembre en las que, en París, en las casas, la proximidad y la privación del espectáculo del otoño que se termina tan rápido sin que uno pueda asistir a él, provocan una nostalgia, una verdadera fiebre de hojas muertas que puede llegar hasta impedirnos dormir."
Marcel Proust, Por el camino de Swann]

vendredi 18 juillet 2008

Message Personnel



"Il y a entre nous mieux qu'un amour: une complicité."

"Absent, ta figure se dilate au point d'emplir l'univers. Tu passes à l'état fluide qui est celui des fantômes. Présent, elle se condense; tu atteins aux concentrations des métaux les plus lourds, de l'iridium, du mercure. Je meurs de ce poids quand il me tombe sur le coeur."
Marguerite Yourcenar, Feux

Marguerite Yourcenar a vécu pendant quelque temps à Ouchy. C'est là qu'elle a fini son Alexis. Un petit paradis où je n'ai connu que le bonheur, hanté par Lord Byron, Walter Benjamin et surtout, Marguerite Yourcenar. 


["Hay entre nosotros algo mejor que un amor: una complicidad."

"Ausente, tu figura se dilata al punto de llenar el universo. Pasas al estado fluído que es el de los fantasmas. Presente, ella se condensa; alcanzas las concentraciones de los metales más pesados, del iridio, del mercurio. Muero de ese peso cuando me cae sobre el corazón."]
Marguerite Yourcenar, Fuegos

Marguerite Yourcenar vivió algún tiempo en Ouchy. Es allí donde terminó su Alexis. Un pequeño paraíso donde no conocí otra cosa más que la felicidad, habitado por el espíritu de Lord Byron, Walter Benjamin y sobre todo, Marguerite Yourcenar. 

mercredi 16 juillet 2008

Message Personnel

"Ouchy... c'est le quartier portuaire de Lausanne."
Walter Benjamin, Écrits autobiographiques - Notes 1906 1932



"On ne découvre pas de terre nouvelle sans consentir à perdre de vue, d'abord et longtemps, tout rivage."
André Gide, Les faux-monnayeurs



["Ouchy... es el barrio portuario de Lausanne."] 
["No se descubre tierra nueva si no se acepta perder de vista, de antemano y por un largo tiempo, toda costa."]

vendredi 4 juillet 2008



"Tes cheveux, tes mains, ton sourire rappellent de loin quelqu'un que j'adore. Qui donc? Toi-même"
Marguerite Yourcenar, Feux



["Tu pelo, tus manos, tu sonrisa de lejos me hacen pensar en alguien que adoro. ¿Quién? Vos mismo."]


mardi 24 juin 2008

A very stylish girl


Un petit appel te reveille. Tu ne le sais pas mais il t’annonce l’arrivée d’un beau jour. Toute une journée partagée avec une « very stylish girl »…



[Un llamado te despierta. No lo sabés pero te anuncia la llegada de un lindo día. Una jornada entera compartida con una “very stylish girl”…]

jeudi 19 juin 2008

Intertextes


Un morceau de Faulkner en français dans un roman de Sagan trouvé par hasard dans la bibliothèque d'une amie, copié dans un carnet de voyage. Le texte original copié d'une page d'Internet. La traduction en espagnol. Une femme qui revoit sa vie à travers l'angoisse d'une autre. Le dialogue d'un homme avec une statue. La vie n'est qu'un intertexte.

[Un fragmento de Faulkner en francés en una novela de Sagan encontrada por casualidad en la biblioteca de una amiga, copiado en un diario de viaje. El texto original copiado de una página de Internet. La traducción al español. Una mujer que revé su vida a través de la angustia de otra. El diálogo de un hombre con una estatua. La vida no es más que un intertexto.]



“…La respectabilité. C’est elle qui est responsable de tout. J’ai compris, il y a déjà quelque temps, que c’est l’oisiveté qui engendre toutes nos vertus, nos qualités les plus supportables –contemplation, égalité d´humeur, paresse, laisser les gens tranquilles, bonne digestion mentale et physique : la sagesse de concentrer son attention sur les plaisirs de la chair –manger, évacuer, forniquer, lézarder au soleil. Il n’y a rien d’autre en ce monde que vivre le peu de temps qui nous est accordé, respirer, être vivant et le savoir. »
William Faulkner, Les Palmiers sauvages, dans Françoise Sagan, La Chamade




“…Respectability. That's what did it. I found out some time ago that it's idleness breeds all our virtues, our most bearable qualities--contemplation, equableness, laziness, letting other people alone; good digestion mental and physical: the wisdom to concentrate on fleshly pleasures--eating and evacuating and fornication and sitting in the sun--than which there is nothing better, nothing to match, nothing else in all this world but to live for the short time you are loaned breath, to be alive and know it— ”
William Faulkner, The wild palms, in Françoise Sagan, La Chamade



“…Respetabilidad. De eso se trata. Supe hace algún tiempo que es el ocio lo que engendra todas nuestras virtudes, nuestras más soportables cualidades –contemplación, serenidad, haraganería, dejar a los demás tranquilos; buena digestión mental y física: la sabiduría para concentrarse en los placeres de la carne –comer, evacuar, fornicar, sentarse al sol-. No hay nada mejor, nada comparable, nada más en este mundo más allá de vivir el corto tiempo que se nos ha acordado, estar vivo y saberlo.”
William Faulkner, Las palmeras salvages, en Françoise Sagan, La Chamade


dimanche 15 juin 2008

De pourpre et d'or

"L'automne arriva, changeant les arbres de la montagne en autant de fées vêtues de pourpre et d'or, mais destinées à mourir aux premiers froids."

Marguerite Yourcenar, 'Le dernier amour du prince Genghi', dans Nouvelles Orientales



["El otoño llegó, transformando los árboles de la montaña en un sinnúmero de hadas vestidas de púrpura y de oro, aunque destinadas a morir con los primeros fríos."]
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